Et si je doute... Alors tant mieux.

Ouvrir les yeux et se rendre compte que regretter est le pire qu’il puisse arriver. Voir loin, rêver grand... C’est de là que vient la Cie Née d’un doute.
En janvier 2013 il fallait oser. Regarder droit devant, s’aventurer à imaginer, laisser déborder cette envie de créer. Camille Fauchier a choisit les arts du cirque et toutes ses ramifications pour s’exprimer.

D’abord en solo avec sa corde lisse sous le bras, elle opte pour le mode tout terrain. Elle joue sa petite forme aussi bien à l’accroche d’une branche d’arbre, qu’au pied d’un vieux moulin, en passant par la coupole d’un chapiteau.

Puis est née l’envie de partager le plateau à plusieurs dans un tout autre registre. La compagnie se lance dans un duo décalé : Comme des moutons (sorti en mai 2014), petite forme de 30 min jouant en intérieur, en extérieur et partout ailleurs.

Cette même année débute le projet ORIKAÏ. C’est aux abords des aires de jeux pour enfants que cette création trouve son premier souffle. Dans cet espace restreint du filet évoluent trois acrobates aériennes et une envie malicieuse de réinterpréter les premiers risques de l’enfance. Pêle-mêle de corps et de cordes. Plaisir du jeu à géométrie variable, Orikaï est principalement un spectacle de portés investissant trois espaces : le sol, l’air et l’entre-deux.

Associé à ce spectacle, un volet de médiation est mis en place depuis avril 2014 en direction des scolaires (primaires, collèges, lycées) mais pas que (population de quartiers, PRJ, MJC). Celui-ci a principalement été développé autour du décalage du corps, des situations et des objets dans un lieu traversé maintes et maintes fois.

Avec ORIKAÏ commence un questionnement sur le «dehors», sur la ville, sur ses usages, ses circulations, ses respirations, son dessin architectural et urbanistique. L’espace public est alors envisagé comme le vide en trois dimensions. Il faut lire entre les voies et les bâtiments, lever les yeux vers le ciel tout en se laissant traverser par ce vide, car c’est lui qui crée le lien. La compagnie prend pour cœur de cible le détournement du quotidien, qu’il s’agisse des objets, du mobilier, du corps, du corps porté, du corps en mouvement.

Plus que jamais tournée vers cet espace public, la compagnie embarque grâce au dispositif du CD 40 « Culture en Herbe », sur un travail de recherche et de médiation autour d’un Duo d’escalier (septembre 2016 - juin 2017). L’idée est d’écrire ce spectacle «in vivo», en immersion dans des milieux où l’escalier est central dans les circulations de ses usagers, emprunté plusieurs fois par jour : établissements scolaires, entreprises, HLMs et surtout la rue.